7ème dimanche ordinaire (année A)

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 23/02/20
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : A
Année: 2019-2020
Textes : 7ème dimanche ordinaire (année A)

Vraiment, frères et sœurs, j’ai parfois l’impression que Jésus-Christ ne se rend pas compte.  Vous voyez ce qu’il nous demande : de tendre la joue gauche, de laisser tout à celui qui nous vole et soutenir notre ennemi préféré.  Ce n’est pas comme cela qu’on se fera respecter.  Car oui, frères et sœurs, nous ne sommes pas dans un pensionnat du dix-neuvième siècle où on apprenait aux jeunes files de bonne famille à être douces et soumises, obéissantes et réservées. 

Il faut se battre dans ce monde-ci et ne pas se laisser faire. Autrement, on devient un sujet de plaisanteries et on abuse de notre patience, de notre gentillesse.  Il faut pouvoir imposer des limites à tout notre entourage.  Nous ne sommes pas de petites brebis qu’on pourrait tondre sans résistance.

Et pourtant, c’est ce que nous faisons tous les jours, nous taire, baisser la tête et attendre que l’orage passe, ou même faire le contraire de ce qu’on aime.  Regardez ces maris doux et obéissants qui accompagnent leur épouse dans les magasins.  Regardez les femmes qui supportent les caprices de leur mari et ne parlons pas de la patience des parents à l’égard de leurs enfants !

Il faut toujours lâcher du lest et faire des concessions.  Mais de concession en concession on a l’impression d’être comme un citron pressé et d’être vidé de toute notre personnalité.  On voudrait se révolter, mais qu’est-ce qu’on y gagnerait ? La guerre ? Et puis, même, il n’est même pas sûr que l’autre, le conjoint ou l’enfant, comprendrait la raison de toute cette colère, de cette amertume accumulée.

Et c’est là sans doute la grande tragédie qui nous guette : c’est de petit à petit avoir le sentiment de tout abandonner pour ne rien y gagner, sauf une paix stérile et desséchante : la paix des cimetières.

Mais est-ce là vraiment, ce que Dieu attend de nous ? Est-ce là vraiment, le fruit de la résurrection ? Ne serait-ce pas plutôt une façon nouvelle de regarder notre vie et surtout notre envie de bonheur ?