Premier dimanche de l'Avent (C)

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 28/11/21
Temps liturgique: Avent
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Tenez vos distances ! Gardez le masque ! Lavez-vous les mains ! Notre vie quotidienne est depuis un an placé sous une constante pression.  De nouvelles règles sanitaires apparaissent et disparaissent.  L’organisation des fêtes de fin d’année est devenue tellement imprévisible que beaucoup y ont renoncé.  Et voilà que pour nous remonter le moral les évangiles de la période de l’Avent nous annoncent une catastrophe imminente : la fin du monde, le retour du Christ, le jugement final.  On avait bien besoin de toute cette littérature effrayante alors qu’on rêverait de recevoir un peu d’encouragement et de douceur, bref un peu de l’ambiance de Noël.

Et pourtant tous ces textes liturgiques ne sont pas là pour nous effrayer, mais au contraire pour nous rappeler la tendresse de Dieu.  Il suffit de songer à Jésus-Christ Pendant sa vie terrestre, il a tout le temps parlé de celui qui l’a envoyé.  Pendant toute la journée, il a rencontré des gens, guéri les uns, consolé les autres, en a appelé certains.  Et la nuit que faisait-il ? Il se retirait et il priait.  Il avait besoin d’être un peu seul avec son Père, parce qu’il avait besoin de retrouver la chaleur de sa présence, la force de son amour et la solidité de son soutien.  Le matin, il pouvait repartir, rempli de cette lumière intérieure.

C’est sans doute à cela que nous sommes tous appelés pendant cette période de préparation à la fête de Noël : prendre un peu de distance par rapport à la course de tous les jours pour retrouver la douceur de la présence de Dieu dans notre vie et repartir ainsi dans nos tâches quotidiennes avec plus d’entrain et d’énergie.  C’est sans doute cela que l’évangile veut nous dire quand il écrit que Marie méditait tout cela dans son cœur.  Tous les jours, elle devait garder quelques instants pour elle, des instants pendant lesquelles elle repassait les événements de la journée, non pas pour agrandir l’amertume de son cœur, en songeant à tout ce qu’elle avait raté à cause de Joseph et de son enfant inattendu, mais pour y voir les étincelles de l’amour de Dieu dans sa vie de tous les jours. 

Mais comment faire cela, alors que tout paraît bien sombre et que notre vie est menacée par cette terrible pandémie ? En faisant comme saint François qui s’exclamait, tout étonné : « béni sois-tu, Seigneur, pour le soleil et la lune, pour notre sœur l’eau, pour la vie que tu nous donnes ».  François était tout le contraire d’un enfant gâté qui n’a jamais assez et qui grogne tout le temps.  En faisant comme cela, il n’est pas heureux et il ne voit pas la vie telle qu’elle est, avec ses parents qui veillent sur lui, ses professeurs qui l’aident à grandir, ses copains qui lui apprennent à partager.  Grogner, c’est être injuste.  Vieillir dans l’amertume, c’est un péché contre Dieu et contre son amour.  A quoi bon serait-il mort, si nous, les chrétiens, considérons le monde et la vie comme autant de sujets de récrimination ? A quoi bon passer toute sa vie devant l’autel ou dans la prière si c’est pour finir dans l’aigreur et l’amertume ?
            Veiller, c’est ouvrir les yeux pour déceler tous les petits clins d’œil que Dieu nous fait dans la vie de tous les jours.  Cela demande parfois du courage, souvent de l’intelligence, tout le temps de l’honnêteté.  Comme un enfant gâté peut être parfois cruel avec ses parents, ainsi nous risquons d’être ingrats vis-à-vis de Dieu.  C’est parce qu’il a le cœur débordant d’amour que Dieu nous a créés et qu’il veille sur nous.  Eh oui ! Dieu veille sur nous et c’est à nous de rester éveillés ou de nous réveiller quelques instants chaque jour, le soir, par exemple, avant d’aller se coucher et de retrouver les plus beaux moments de la journée, les moments où quelqu’un a été gentil avec nous, nous a salués, nous a parlé avec intérêt.  Ce sont autant de petits clins d’œil que Dieu nous fait.  C’est à nous de nous tenir sur nos gardes pour guetter tous ces petits signes d’amour.

 

 

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