Noël - Messe de la nuit

Auteur: Philippe Cochinaux
Date de rédaction: 24/12/19
Temps liturgique: Temps de Noël
Année liturgique : A
Année: 2019-2020
Textes : Lectures de Noël (année A)


Dans certains régions du Nord de l’Europe, une attention toute particulière est donnée à la décoration des maisons en ce temps de Noël.  Certains iront même jusqu’à avoir leur propre pièce de Noël, c’est-à-dire une pièce entièrement re-décorée pour la circonstance.  Les tentures et les cadres sont remplacés par d’autres aux couleurs de cette saison féérique.  Certains meubles sont déplacés pour quelques semaines et d’autres apparaissent juste pour l’occasion.  Cette pièce est ainsi merveilleusement décorée pour vivre en famille la fête que nous célébrons ensemble ce soir.  Tout est parfait pour accueillir l’enfant Dieu.  Si je puis me réjouir de telles traditions, je suis encore plus heureux de me dire que Jésus est né dans une étable.  Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de dire qu’il faudrait mieux que nous installions des étables dans nos maisons respectives avec toutes les odeurs en surcroît.  Bien loin de moi cette pensée.

A l’occasion de la fête de Noël, nous nous rappelons que nous accueillons l’enfant Dieu en nous.  Or, contrairement à ces pièces entièrement re-décorées à la perfection, nous autres, êtres humains nous ne le sommes pas.  La perfection n’est pas de ce monde.  Il y a en chacune et chacun de nous des zones d’ombres et de lumières, des qualités et des défauts, de la pureté et de l’impureté.  Il s’agit tout simplement de notre condition humaine.  Et c’est pour cette raison précise que je me réjouis une fois encore que Jésus soit né dans une étable entouré du bœuf et de l’âne.  Ces deux animaux, même s’ils sont absents de notre crèche devant l’autel alors que certains se disent peut-être que l’un ou l’autre d’entre nous les frères pourraient prendre ce rôle, ces deux animaux, disais-je, ont une représentation allégorique.  Non seulement, ils accomplissent la vision d’Isaïe lorsqu’il dit « Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître », mais en plus, dans la tradition, le bœuf est considéré comme un animal pur et l’âne comme un animal impur.  Et malgré cela, tous deux seront présents autour de l’enfant Dieu.  Cette allégorie est donc là pour nous rappeler que c’est au cœur de notre humanité, telle qu’elle est, que Dieu vient s’incarner en devenant l’un des nôtres.  Et ce soir encore, il choisit de venir vivre au cœur de notre propre cœur, c’est-à-dire au cœur de notre crèche intérieure.  L’enfant-Dieu s’installe en nous et vient vivre avec nous.  Il est au-dedans de chacune et chacun d’entre nous.  Par notre baptême, nous sommes devenus les crèches vivantes où Dieu a choisi de venir se poser.  Il nous connaît mieux que nous-mêmes et nous accepte tels que nous sommes.  Mieux encore, il se réjouit de notre humanité telle qu’elle est, sans fard, au point de venir habiter en nous.  En cette nuit de Noël, se pose alors la question de savoir quelle place nous sommes prêts à lui donner au cœur de nos propres vies.  De quelle manière, notre foi en ce Dieu qui s’est fait homme transforme notre façon de vivre la Vie.  C’est l’enfant Dieu que nous accueillons en nous et comme tout enfant, celui-ci est appelé à grandir en nous.  Il arrive en nous en nouveau-né.  Comme tout nouveau-né, nous ne connaissons rien de sa personnalité, de ses désirs, de ses attentes.  Toutefois, ce nouveau-né que nous célébrons, dans la foi, nous savons qu’il vient pour que tout être humain puisse vivre l’abondance de la vie, comme l’écrit saint Jean dans son évangile.  Tel est donc son désir le plus cher.  Que tout être humain se réalise, s’accomplisse, advienne à lui-même par le biais de toutes les rencontres qu’il pourra vivre au cours de son existence.  Nous avons une destinée à accomplir.  Celle-ci se fait à partir des choix que nous posons tout au long des jours.  Mais de quelles manières ces choix sont-ils empreints  de la sagesse de l’enfant Dieu ?  sommes-nous en droit de nous demander.  Pour que Dieu grandisse en nous, nous devons lui donner la place qui lui revient.  Par sa présence en nous, il donne un autre sens à nos existences.  Il nous convie à vivre la Vie pleinement et à nous réjouir de notre quotidien puisque c’est là qu’il nous attend.  Notre crèche intérieure n’est pas un lieu éphémère que nous sommes appelés à ranger après la fête de l’Épiphanie.  Non, notre crèche intérieure a comme vocation d’accueillir en nous l’enfant Dieu de notre naissance à notre passage vers la Vie éternelle.  La présence divine en nous est omniprésence.  Ne l’oublions jamais.  Vivons et agissons en conséquence.  Nos crèches intérieures sont la vitrine de Dieu au cœur de notre humanité.  Donnons-Lui la place qui lui revient et rayonnons de sa présence dans la façon dont nous vivons nos Vies.  Si c’est cela Noël, alors heureux sommes-nous de le célébrer une fois encore ce soir.  A toutes et à tous : Joyeux Noël.

Amen

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