5e dimanche de Pâques, année B

Auteur: Delavie Bruno
Temps liturgique: Temps de Pâques
Année liturgique : B
Année: 1996-1997

Jn 15, 1-8

" La Vigne "

La culture de la vigne est très répandue dans les pays méditerranéens. Chez nous, nous nous contentons d'en consommer le produit : le vin. Une belle vigne, quelle merveille ! Les feuilles regorgent de sève et les grains sont gonflés de jus ! Les grappes sont prometteuses d'un millésime qu'on savoure à l'avance. Une vigne plantureuse porte fièrement le nom de son propriétaire.

Il n'est pas étonnant que la vigne ait servi d'image familière pour exprimer une réalité bien plus profonde. Ainsi Israël est la vigne de Dieu.

Déjà le prophète Isaïe avait décrit les relations entre Dieu et son peuple : 'Mon ami possédait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres et installa un plant de choix. La Vigne du Seigneur tout puissant, c'est la maison d'Israël et les gens de Juda sont le plant qu'il chérissait" La parabole évoquait la tendresse, la sollicitude du Seigneur pour son bien. Il en attendait de beaux raisins, pourquoi n'en a-t-elle produit que des mauvais ?

Le psaume 79 reprend la même comparaison sous forme de prière nationale pour Israël en difficultés. "Cette vigne que tu as retirée d'Egypte, tu as déblayé le sol devant elle pour qu'elle prenne racine et remplisse le pays. Cette vigne, c'est le cep choisi que Yahvé a entouré de soins prévenants. Mais la clôture a été abattue ! La vigne ravagée, Dieu va-t-il laisser faire ? Interviens pour cette vigne, Seigneur " La "vraie" vigne, en réalité c'est Jésus. Il est le cep et les disciples sont les sarments. Ils participent à la vie du Christ comme les branches participent à la vie du cep auquel ils sont attachés. Il faut demeurer en lui, comme la racine s'accroche à la terre. En effet, le fils éternel du Père, Jésus-Christ seul peut conférer aux entreprises humaines une valeur d'éternité.

'Je suis la vigne et mon Père est le vigneron" Désormais, le plant choisi par le vigneron, n'est plus Israël, mais Jésus, le Bien Aimé. C'est lui le cep planté par Dieu et c'est lui, en même temps, le fruit incomparable. Le nouvel arbre de vie, c'est le peuple qui naît de Jésus et ne fait qu'un avec lui. Mystère de la sève dont le mouvement intérieur et discret a uni le cep aux sarments jusqu'à leur faire porter du fruit. "Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit !"

Immense vigne, le champ où les hommes luttent, peinent, donnent leur vie, sans savoir que le fruit qu'ils portent vient d'une sève cachée qui tait son nom. Le cep est devenu la nourriture des affamés de justice, la ressource subtile des pauvres, la sérénité inébranlable des doux, la grandeur d'âme des miséricordieux, la force des torturés, la fidélité des artisans de paix. "Celui qui demeure en moi, celui-là porte beaucoup de fruit." La vigne des hommes est désormais et pour toujours la vigne de Dieu. Heureux ceux qui savent humblement qu'ils sont eux-mêmes les sarments dont Jésus est le cep et le Père le vigneron ! Heureux ceux qui dans la patience et la ténacité, émondent la terre des hommes pour qu'elle porte son fruit le plus beau : ils sont la vendange de la vigne de Dieu !

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