4e dimanche ordinaire, année B

Auteur: Materne Pierre-Yves
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 1996-1997

Nous sommes dans une société où l'autorité n'est plus une valeur recommandée. On la confond trop souvent avec le pouvoir qui menace toujours de verser dans un certain autoritarisme. Avoir de l'autorité, ce n'est pas imposer des choses aux autres, même si c'est pour leur bien. Dans son sens premier, l'autorité est ce qui nous aide à grandir. L'autorité n'est donc légitime que si elle est au service de la personne et de son développement humain. L'autorité d'un parent (ou d'un maître) n'existe que dans la mesure où l'enfant (ou l'élève) progresse grâce aux conseils et aux avertissements du parent (ou du maître). Plus fondamentalement encore, c'est l'exemple donné par le parent ou le maître qui confère une autorité. C'est parce que je vis moi-même ce que j'enseigne que je peux acquérir une certaine autorité. Si je ne suis pas cohérent avec mes propres valeurs, comment puis-je inviter les autres à les suivre plus que moi ? Si ma foi n'entraîne pas un changement dans ma vie, comment puis-je être crédible aux yeux des autres ?

C'est surtout cela que Jésus nous fait comprendre. Les gens étaient frappés par son enseignement car il parlait en homme qui a autorité, non pas comme les scribes. Jésus parlait de ce qu'il vivait et l'autorité qui en découlait faisait que les auditeurs étaient interpellés par sa parole. Si les scribes connaissaient très bien les règles religieuses, ils n'étaient pas forcément des modèles à suivre. Ils étaient très forts pour mettre un fardeau de prescriptions sur le dos des gens mais sans se demander si cela aidait chacun à grandir de façon adulte et responsable. Cela fait évidemment penser à de l'autoritarisme. Tout a l'inverse, Jésus n'a pas énoncé une kyrielle de règles à observer. Non seulement il n'a laissé que deux commandements (aimer Dieu de tout son c½ur et son prochain comme soi-même) mais, en plus, il a lui-même vécu intensément cette double loi de l'amour.

Lorsque Jésus chasse un démon, il rend la liberté à celui qui était sous l'emprise du mal. Son autorité a donc un rayonnement puissant. Ici encore, il exerce son autorité pour donner à l'autre personne la capacité de vivre en être libre. Par amour, le Christ vient rejoindre l'homme blessé, éprouvé, prisonnier, pour lui ouvrir un chemin de libération. Plutôt que de passer son temps à énoncer des lois, Jésus recherche les hommes et les femmes qui subissent un enfermement. Il annonce alors un message qui rend l'espoir d'un mieux-vivre et, quelques fois, opère un signe qui manifeste l'actualité de la « force libérante » de la foi.

A la suite de Jésus, nous sommes invités à « parler avec autorité ». L'expression est très ambiguë, c'est pourquoi il ne faut pas perdre de vue la figure du Christ. Il ne s'agit pas de faire la morale, ni même de donner des conseils qui peuvent être utiles. Non, il s'agit de vivre notre foi de façon crédible, c'est-à-dire en gardant l'essentiel sous les yeux : l'amour croyant et transformant. Je ne peux par dire que je crois en un Dieu d'amour si je n'aime pas ceux qui croisent mon chemin. Cela ne veut pas dire que je deviens ami avec tout le monde. Cela veut surtout dire que je suis prêt à accompagner ceux qui cherchent une parole d'espérance. Notre monde n'a pas besoin de moralisateurs mais bien d'hommes et de femmes courageux dans l'amour. Que Dieu nous y aide. Amen.

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