1er dimanche de l'Avent, année C

Auteur: Delavie Bruno
Temps liturgique: Avent
Année liturgique : C
Année: 1997-1998

Devant les perspectives d'avenir, aujourd'hui beaucoup de gens ont peur... Peur d'une catastrophe écologique ou nucléaire... Peur de perdre un emploi, de régresser dans l'échelle sociale, de disposer de moins de ressources pécuniaires... Peur d'aller au fond de soi-même et de découvrir la profondeur de nos attentes.

Alors beaucoup se réfugient au coeur des villes dans des déserts au silence assourdissant et au goût de paradis artificiel. Ils cherchent des petits bonheurs dans des à-côtés. La société de consommation invite d'ailleurs à acquérir toutes sortes de biens éphémères. Et le qu'en dira-t-on excite à suivre le mouvement afin de rester dans le vent.

Et pourtant, elle se fait entendre aujourd'hui la voix de la promesse. Elle raisonne, claire comme le rire d'un enfant, lumineuse comme l'avenir dont il rêve.

"Voici venir les jours où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée à la maison d'Israël et à la maison de Juda".

Elle n'est pas facile à entendre surtout dans le tintamarre du monde, cette voix de l'espérance. Elle vient d'ailleurs, de l'au-delà de toute créature. C'est une Parole du Seigneur qui vient.

Au moment où Jérémie la prononce, la situation de son pays est aussi dramatique. Le royaume de Juda est ravagé par l'envahisseur, la ville de Jérusalem détruite. Beaucoup ont été tués et d'autres, dont le roi, ont été déportés à Babylone. Mais Dieu veut restaurer la confiance chez ceux qui sont restés au pays. Un monde, leur fait-il dire, s'en est allé, mais mon amour pour le peuple et mon pouvoir de créer sont intacts. Un roi, issus de David, régnera à nouveau sur le pays redevenu libre et il rétablira une ère de justice, de paix et de bonheur pour tous.

Promesse de bonheur, adressée autrefois par le prophète à ceux qui étaient dans le malheur. Promesse de bonheur qui nous est adressée encore aujourd'hui par Dieu. Si vraiment nous croyons qu'il nous aime, qu'il est un Dieu d'amour, nous pouvons imaginer qu'il s'intéresse à nous et que son désir le plus cher est de nous voir heureux sous son regard, comme nous-même nous souhaitons le bonheur à ceux que nous aimons. Mais voilà, le bonheur des autres ne se fait jamais sans eux, comme notre bonheur à nous ne se fait pas sans nous.

Alors la grande question à se poser pour soi-même, comme pour chacun d'autre. Qu'est-ce qu'être heureux ? Qu'est-ce qui fait ta joie, qu'est-ce qui fait aussi la mienne ? On ne sait pas toujours ce qu'est le vrai bonheur ou plutôt, on sait parfois mieux ce qu'il n'est pas. Les souffrances, les malheurs, les privations, les manques, les nôtres autant que ceux des autres, peuvent nous faire prendre conscience de l'absence de bonheur. On dit alors, que c'est mal-heureux.

Le bonheur est fait souvent d'un tas de petites choses qui comblent nos attentes et nos désirs.

Dans notre monde actuel, il peut être important de rappeler qu'il est d'abord une qualité d'être, plutôt qu'un avoir. ETRE HEUREUX, Ce n'est pas avant tout, une possession d'objets, de biens. C'est bien d'avantage une HARMONIE avec soi-même et avec les autres. Et c'est sans doute pour ce motif que la justice, la paix et le pardon et la réconciliation sont des conditions nécessaires pour que chacune et chacun, se sentant respecté et important, trouve la confiance en soi-même et dans les autres.

Jésus invitait au bonheur. Il invitait à oser croire que Dieu est tendresse et bonheur en lui-même et pour toutes et tous. Par son comportement et dans ses relations, il donnait les signes de ce respect immense qu'il avait pour chacune des personnes qui était devant lui.

Mais voici qu'aujourd'hui il nous parle de sa venue : "Veillez et priez" nous dit-il. Oui, pour voir le Seigneur venir, il faut être vigilant. Si nous gardons les yeux ouverts, nous pourrons discerner les signes de son amour. Si nous sommes éveillés, nous pourrons aussi découvrir ces tas de petites choses qui font plaisir aux autres autant qu'à nous mêmes et qui contribuent à créer l'harmonie entre nous. Si nous restons attentifs à une qualité d'être, nous pourrons construire des relations justes avec les autres et contribuer à plus d'harmonie dans nos sociétés. Nous serons alors, à notre tour, des semeurs de bonheur !

Certes, on pourrait dire que depuis toujours des gens ont espéré le bonheur et, malgré toutes les bonnes volontés, les puissances de mort sont encore à l'oeuvre, ici maintenant. Mais si ces puissances du mal sont toujours présentes, elles ont déjà été définitivement ébranlées. Le jour du Seigneur, l'avènement du Fils de l'homme dont nous parle Luc dans l'évangile, c'est bien le matin lumineux de Pâques. C'est sa victoire sur toutes les forces de mort et du mal. C'est là le coeur de notre foi et le fondement de notre espérance. Nous attendons l'achèvement de ce qu'il a inauguré par sa résurrection. Aujourd'hui, il nous enseigne ce chemin, rempli de moments de bonheur et qui nous prépare à sa venue, à son retour : "Restez éveillés et priez. ainsi vous serez jugés dignes de paraître debout devant le Fils de l'homme."

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