dimanche, 23 avril 2017

Deuxième dimanche de Pâques

Myriam Gosseye

Deuxième dimanche de Pâques

Depuis un certain nombre de chapitres déjà, l’évangéliste Jean nous parle du cheminement des apôtres dans leur relation humaine çàd à travers leur sens humains, avec le Christ, après sa mort.

 Le cheminement des disciples dans leur relation au ressuscité nous est montré comme assez complexe, entremêlé de moments où ils voient ou entendent certaines choses, suivis ou non de la fulgurance de la foi.

Cela commence par Marie de Magdala qui, voyant que la pierre du tombeau est roulée, imagine sans plus, mais avec douleur, qu’on a enlevé le corps.

Viennent ensuite les deux apôtres, dont il nous est dit que les deux voient mais, que seul ,l’un des deux  croit.

Vient ensuite le passage où, étant restée près du tombeau, Marie de Magdala voit les deux anges et entend le ressuscité l’appeler :  c’est à ce moment qu’elle croit.

Plus loin, en arrivant au récit qui nous concerne, en ce dimanche de la Miséricorde, l’évangéliste Jean nous raconte que Jésus-Christ se montre à voir aux disciples enfermés et se fait entendre d’eux : ils le reconnaissent alors et "sont remplis de joie".

Ensuite Thomas, sur la seule foi de leur parole ne peut croire : il veut voir à son tour, mais plus  précisément, il veut voir les plaies,  attestant,  à ses yeux, qu’il s’agit bien du même Seigneur qu’avant.

Répondant à son désir, Jésus Christ se montre à nouveau et fait voir ces fameuses plaies,  signe suffisant mais nécessaire à la foi de Thomas

Deux éléments peuvent être relevés, me semble-t-il, dans ces récits de post- résurrection :

  • - Tout d’abord, chacun voit et entend ce qui lui est important et les signes nécessaires aux uns   ne seront pas les mêmes que ceux importants pour d’autres,
  • - Ensuite, l’évangéliste nous montre que le ressuscité ne lésine pas sur les moyens pour faire connaitre son état de vivant au-delà de la mort : à chacun selon son besoin.

Ainsi, l’absence de son corps dans la tombe, malgré tous les enseignements précédents sa crucifixion, n’éclaire pas Marie sur ce qui  arrive : qu’à cela ne tienne, le Christ ressuscité la prépare d’abord par la vision de deux anges, nous dit l’évangéliste, et il va ensuite jusqu’à l’appeler par son nom, ce qui semble être le choc nécessaire pour croire.

Plus tard, Il vient jusqu’aux disciples qui se cachent,  à au moins deux reprises et accède à leur besoin de signes probants pour croire.

Malgré tout, le ressuscité, parlant à Thomas, semble insister sur le bonheur de croire sans tous ces signes si caractéristiques, ces signes directement t visuels ou auditifs.

Il insiste donc sur  la merveille de croire sur la foi de la parole d’un autre.

Serions-nous donc bien des privilégiés, nous qui tentons de lire avec foi aujourd’hui, ces paroles d’un autre ? En tout cas, Jésus semble le dire.

Ces récit, quant à eux, en dehors de la multiplicité des signes qui sont donnés et de la complexité de la manière dont chacun les verra et croira,  nous montrent donc aussi la grande patience et l’infinie bonté du Seigneur à l’égard de notre difficulté à croire.

Si l’évangéliste nous affirme encore à la fin de ce récit que « ces textes ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom », c’est que la foi en la résurrection est vitale pour chacun de nous. Ainsi donc, cela indiquerait pourquoi le Christ montre une telle insistance.

Aussi, si ces récits insistent tant sur la manière personnelle que le Christ  a de répondre à la nécessité de chacun de ses disciples, nous pourrions penser qu’il en fait de même aujourd’hui encore, pour nous. Ne pourrions-nous déduire donc que le Christ, avec patience et miséricorde, accède encore aujourd’hui à nos moyens propres d’arriver à la foi.

Non seulement juste après Sa résurrection mais à chaque siècle, semble-t-il, des signes furent donnés, à travers les mystiques et visionnaires chrétiens, éclairant de façon particulière et nécessaire à ce siècle, ce que les évangiles annonçaient.

En ce dimanche de la miséricorde, il est particulièrement important de souligner, cette infinie bonté du Christ, qui avec patience et amour, revient à travers les différents mystiques entr’autres, nous expliciter encore et encore, différents aspects de sa personne.

Le XX ème siècle ne fut pas seulement un siècle de fer, mais au-delà de ces ténèbres, il fut aussi et sans doute à cause de cela  -  comme l’ont rappelé le saint pape  Jean-Paul II et  le pape François -  un siècle de mystiques annonçant  la miséricorde de Dieu pour nous.

Depuis  plus d’un siècle, Ste Thérèse à  Lisieux, Ste Marie Alacoque à Paray Le Monial ou  Ste Faustine Kowalska en Pologne, pour ne citer que les mystiques connus et reconnus, ont rappelé, à travers leur vie et leurs visions, l’infinie Miséricorde du Christ.

Croyons-nous que le Seigneur puisse aujourd’hui encore, donner des signes renouvelés de sa présence miséricordieuse pour chacun de nous, des signes qui renouvellent nos raisons de croire et vivifie notre espérance.

 Et par ailleurs, arrivons-nous encore à croire, sur la simple foi de leur parole, en une époque rationnelle, que ces mystiques ont bien vu et entendu le Seigneur ressuscité Lui-même ?

Croyons-nous, qu’à travers eux, le ressuscité nous fait signe aujourd’hui encore ?

 Croyons-nous qu’Il est toujours là et qu’Il ne nous oublie pas ?


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