mardi, 15 août 2017

Assomption

Philippe Henne

Assomption

Je vous invite à méditer le mystère de l’Assomption sous un angle spécial.  La question que je me pose aujourd’hui est de savoir en quoi l’exaltation de la Vierge Marie peut être pour nous aujourd’hui une aide et un exemple pour notre vie de tous les jours.  Et pour cela je voudrais prendre une période difficile de sa vie.  C’est après l’Ascension : le Christ est monté au ciel et les apôtres ont le sentiment d’être abandonnés.  Ils ont surtout un sentiment de culpabilité : ils avaient abandonne Jésus lors de son arrestation.  Ils n’osent pas trop se regarder les uns les autres droit dans les yeux parce qu’ils sont honteux de ce ce qu’ils ont fait.  Et c’est sans doute pour cela que le Christ ressuscité leur dit au début de chaque apparition : « la paix soit avec vous ».  C’est bien entendu la salutation habituelle chez les sémites : shalom en hébreu, salem aleikoum en arabe.  Mais, sans doute, Jésus voulait quelque chose de plus.  Il ajoute d’ailleurs : « n’ayez pas peur » parce que je ne viens pas me venger, je ne viens pas venu vous punir.  Et il y a une seule personne qui peut regarder Jésus ressuscité droit dans les yeux parce qu’elle n’a rien à se reprocher : c’est Marie parce qu’elle est restée jusqu’au bout avec son fils crucifié.  Jean était là aussi.  Mais ce n’est pas autour de Jean que les apôtres se réunissent.  C’est autour de Marie.  Pourquoi ? Pare qu’elle leu a déjà pardonné.

Elle aurait pu crier toute sa haine et son dégoût pour les apôtres.  Ces hommes étaient tellement courageux qu’ils ont déguerpi dès le premier moment de l’arrestation de Jésus.  Oh ! Ils sont beaux, ces lascars ! Quand Jésus faisait des miracles, ils étaient là.  Quand Jésus annonçait un nouveau royaume, ils intriguaient pour avoir la première place.  Mais, quand les soldats sont apparus avec leurs armes, ils ont disparu.  Oui ! Marie aurait pu les écraser de toute son amertume de mère au cœur brisé.  Mais elle leur avait pardonné.  Pourquoi ? Comment ? Parce qu’elle priait.  Parce qu’elle méditait tout cela dans son cœur.

            Eh oui ! depuis le début, Marie est en prière.  Elle guettait la présence de Dieu dans sa vie et elle a reçu la visite de l’ange Gabriel.  Elle méditait tout cela dans son cœur et, quand son fils meurt sur la croix et que son cœur à elle est transpercé de douleurs, elle reste fidèle à la prière.  C’est au cénacle qu’elle s’installe avec les apôtres, et c’est là qu’elle prie. 

Les apôtres n’ose pas évoquer le passé, les bons moments passés avec Jésus, car aussitôt surgissait le souvenir de leurs trahisons.  Non, avec Marie, comme Marie, ils laissaient de côté le poids du passé et espéraient un signe de réconciliation.  C’est comme si, dans la prière, ils voulaient dépasser les sombres nuages de la culpabilité et atteindre le soleil rayonnant de la confiance et de la dignité.  Oui, retrouver la confiance en soi et surtout celle de l’autre que l’on a trahi. Oui, retrouver sa véritable dignité, non pas celle d’un coupable, mais celle d’un enfant de Dieu tendrement aimé. 

Alors vraiment cette première communauté des apôtres autour de Marie est à l’image de l’Eglise réunie non pas par amitié ou par sympathie entre nous (car il y a toujours de l’ambition et de la rivalité entre les hommes), mais réunie par la recherche de Dieu.  Quand, parfois, dans un couple, on ne ressent plus d’amour, ni même de sympathie, c’est dans la prière, dans la recherche de l’amour et de la sympathie de Dieu qu’on peut retrouver la confiance en soi et la confiance dans l’autre.  Faisons donc comme Marie, ou plutôt faisons comme les apôtres autour de Marie : profitons de celle et de ceux qui nous réunissent dans la prière pour retrouver la douceur de la tendresse de Dieu pour chacun d’entre nous.  Alors oui, notre intimité avec Dieu aura un goût d’éternité.


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