dimanche, 22 octobre 2017

29ème dimanche ordinaire

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Philippe Cochinaux

29ème dimanche ordinaire

Voici l’extrait d’une lettre ouverte imaginaire envoyée au bourgmestre de Liège : « Monsieur le Bourgmestre, après avoir entendu et médité l’évangile de ce jour, je me dois de vous écrire pour vous demander de bien vouloir changer le nom d’une rue de Liège.  Le Christ ayant rappelé « qu’il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu », je pense qu’il n’est pas judicieux que la rue où est établie la Tour des Finances soit appelée rue du Paradis.  Il y a une contradiction très nette entre cette institution qui collecte nos impôts et donc nos deniers et la finalité du paradis, lieu par excellence de la présence divine.  Je vous prie donc, monsieur le Bourgmestre de bien vouloir renommer cette rue et je vous apporte mon humble contribution en vous proposant le nom suivant : Rue César ».  Et voici une réponse possible du bourgmestre de Liège : « cher frère, merci pour votre lettre.  Nous venons d’en discuter en conseil communal et il nous semble qu’il soit préférable de maintenir le nom actuel de la rue du Paradis.  Un des objectifs des personnes travaillant à la Tour des Finances est de collecter les impôts.  Ces derniers servent au bien-être de l’ensemble de la collectivité et permettent ainsi une véritable solidarité entre les citoyens.  Avec l’objectif d’une telle gouvernance, n’est-ce pas veiller à mettre un coin de paradis au cœur de notre humanité ?  Je vous laisse avec cette question.  Votre bourgmestre ».

Il est évidemment difficile de ne pas être d’accord avec une telle conclusion.  Lorsque l’argent ainsi récolté contribue à une plus grande justice sociale, lorsqu’il permet une solidarité entre les êtres humains, nous ne pouvons que nous en réjouir.  Il s’agit ici d’avoir une bonne gouvernance des ressources financières d’un pays.  Notre actualité récente émaillée par les quelques scandales liés à une mauvaise utilisation des biens publics montre à quel point, aujourd’hui encore, il est facile de chercher à jouer à César.  Dans une démocratie, les impôts sont la marque de notre solidarité collective.  Mais il est vrai que, dans certains régimes, l’argent collecté, comme du temps de Jésus, sert à lever des armées, à envahir d’autres pays et à exploiter les richesses naturelles et les personnes qui y vivent.  Cet impôt-là est à dénoncer à tout prix.  C’est l’impôt de César.  Que veut d’ailleurs ce dernier lorsqu’il met son effigie sur les pièces de monnaie avec cette inscription « César, fils du divin Auguste » ?  Il essaye vraisemblablement de répandre sa propre image et ses prétentions divines jusque dans tous les foyers de cet empire qu’il a conquis par la force et dont il brutalise les habitants.  Il en va tout autrement pour Dieu car comme le souligne saint Augustin : « de même que César cherche son image sur une pièce de monnaie, de même Dieu cherche son image au fond du cœur de chacun d’entre nous ».   Toutes et tous, nous avons été créés à l’image de Dieu, lisons-nous dans le premier chapitre du livre de la Genèse.  Nous sommes donc « images de Dieu ».  C’est à la fois une vérité biblique mais aussi une vérité anthropologique.  Etre image de Dieu dit quelque chose de notre propre humanité.  Cela signifie que nous ne pouvons pas pleinement nous comprendre si nous n’entrons pas dans le mystère de Dieu.  En étant image de Dieu, tout être humain a été créé capax Dei, c’est-à-dire capable de Dieu.  Rappelons-nous les mots de saint Irénée : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ».  Dès l’instant de notre conception, nous sommes appelés à nous réaliser en Dieu.  Il ne nous est pas possible de comprendre notre humanité en dehors de cette parcelle divine existant en nous.  Nous avons une finalité commune qui s’enracine et se réalise en Dieu.  De cette manière nous acquerrons la ressemblance.  N’est-il pas merveilleux de nous rappeler que, malgré nos différences, nous avons une identité humaine commune que nous partageons dans la foi. Ceci n’est pas sans conséquence sur la manière dont nous regardons et respectons les autres.  Si nous avons acquis la conviction que nous sommes images de Dieu, nous devons accepter que quelle que soit sa condition sociale, culturelle, émotionnelle, intellectuelle, spirituelle, tout être humain partage avec nous quelque chose d’identique qui nous transcende et nous unit.  En rendant à Dieu ce qui est à Dieu, nous retrouvons au fond nous l’infini de Dieu puisque nous sommes créés à son image et appelés à en devenir son reflet les uns pour les autres par notre manière de vivre l’évangile.

Amen


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