samedi, 16 septembre 2017

24ème dimanche ordinaire

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Michel Van Aerde

24ème dimanche ordinaire

Je ne sais pas si,  en dehors du christianisme, il est une seule culture humaine où le pardon soit vraiment valorisé. Le pardon, en général, n’est-il pas une faiblesse, une démission, une fuite, voire même un déshonneur ? Si c’est cela que vous pensez, chiche, essayez !

Rien n’est aussi difficile que pardonner. Il est plus facile de partir à zéro, de commencer une relation nouvelle que de recommencer après une blessure, des injustices, des injures, des trahisons. Comment redonner sa confiance, comment se rendre à nouveau vulnérable, comment reprendre la relation ? Il reste toujours une cicatrice, un endroit plus sensible, où l’on se heurte chaque fois plus cruellement. Il est plus facile de créer du neuf, que de re-créer à partir de ce qui a été détruit.

Rien n’est aussi difficile que pardonner et plus encore s’il s’agit de pardonner, non pas seulement une erreur ponctuelle, une distraction, mais des offenses répétées, jusqu’à septante fois sept fois.

Rien n’est aussi difficile que pardonner, surtout s’il s’agit de pardonner « du fond du cœur », ce qui suppose une guérison intérieure ! Il y a là quelque chose qui dépasse la mesure, qui est plus que de l’héroïsme, qui dépasse la nature humaine.

«  Dieu seul peut pardonner » disent les ennemis de Jésus. Je pense qu’ils disent vrai, mais pour d’autres raisons que ce qu’ils pensent, ce n’est pas une simple question d’autorisation. Dieu seul peut pardonner, parce que pardonner est impossible. Or Dieu est le maître de l’impossible, acteur de libération au cœur du génocide, auteur de la vie, au fond du tombeau. Dieu seul peut pardonner parce que Dieu seul est capable de pardonner, de ressusciter. Dieu peut ouvrir un avenir là où il n’y a plus de futur. Il peut créer du nouveau là où tout est fini. Il pardonne à Pierre et lui redonne sa confiance. Il pardonne à Paul qui persécute les chrétiens et lui donne mission d’évangéliser les païens. Quand des êtres ou des peuples se réconcilient, l’histoire peut se poursuivre à nouveau.

Mais attention, nous dit Jésus, Dieu peut-il remédier au refus d’entrer dans le pardon ? Peut-il sauver du refus délibéré d’un être humain, de participer à la dynamique du pardon ? Peut-il pardonner le blocage têtu de se laisser entraîner dans le Souffle de la réconciliation ? Peut-il contraindre à la vie ? Peut-il obliger à la liberté ?

Pardonner, comme le mot l’indique bien, c’est donner à nouveau. S’il s’agit d’une dette, je vous remets votre dette, je transforme en don ce qui était un prêt. Cela je peux le faire à l’infini, si je suis d’une richesse infinie. Mais s’il s’agit de plus qu’un don ? S’il s’agit du don de donner ? S’il s’agit du don d’aimer ? Dieu peut-il donner le don de donner à qui refuse de donner ? Dieu peut-il donner l’amour à qui refuse d’aimer ? Dieu peut-il donner la liberté à qui refuse de libérer ?


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