dimanche, 05 février 2017

5ème dimanche ordinaire

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Philippe Cochinaux

5ème dimanche ordinaire
Dans la vie, il n’est pas toujours aisé de vivre avec des gens intelligents. J’en ai pour preuve ce qui m’est arrivé, il y a quelques jours. En préparant cette homélie, j’avais découvert un nouveau mot qui expliquait l’importance de l’évangile de ce jour. Je me disais que seuls les cruciverbistes devaient connaître ce fameux mot de sept lettres. Afin de m’en assurer, j’ai demandé aux frères de la communauté s’ils le connaissaient. Plusieurs m’ont dit, « mais bien sûr » tout en me donnant sa définition. Un autre m’apprit qu’un quartier de Huy portait son nom et que c’était sans doute là qu’à l’époque cette taxe était perçue. Enfin, un dernier me fit savoir que Georges Brassens l’avait utilisé dans une de ses chansons. J’étais pantois face à une telle connaissance linguistique. Vous vous demandez sans doute mais quel est donc ce mot qui est en lien avec le sel ? Il s’agit de la gabelle, cette taxe royale impopulaire sur le sel qui fut d’ailleurs supprimée en 1790. Certains d’entre vous se disent peut-être « mais oui évidemment, je le connais ce mot ». Les autres n’auront plus qu’à se consoler avec moi tout à l’heure autour d’un verre de l’amitié tout en nous réjouissant de nous savoir entourés de gens plus intelligents que nous. Quoiqu’il en soit, la gabelle est là pour nous rappeler à quel point, au cours de l’histoire de l’humanité, le sel a été une denrée rare, une denrée précieuse. Et c’est sans doute la raison pour laquelle le Christ nous dit que nous sommes le sel de la terre. En d’autres termes, nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Celui-ci nous considère chacune et chacun comme étant des êtres de grande valeur. Mais en avons-nous suffisamment conscience après tant de siècles où l’humain avait été enfermé dans sa faute et son péché ? Il est heureux de pouvoir revisiter ces textes d’évangile pour voir ô combien certains théologiens n’avaient pas compris la beauté, l’importance de l’être humain. Oui, nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Et il est fondamental que nous le redécouvrions non pas pour devenir des êtres fiers mais plutôt pour vivre au mieux notre condition de disciples du Fils de Dieu. Dieu a plus que jamais besoin de nous. En effet, être le sel de la terre n’est pas une simple affirmation littéraire ou théologique. Il s’agit d’un nouvel état de vie. Le sel, nous ne le produisons pas. Il est un don de la terre que l’homme peut utiliser. Le sel, nous est donc donné, comme la vie nous a également été donnée. Le sel nous invite donc à une certaine humilité puisqu’il provient d’au-delà de nous. Nous ne pouvons pas le créer, juste l’extraire non pas pour nous-mêmes mais pour le donner à notre tour. Il suffit de quelques grains de sel pour donner une autre saveur à un plat. Il suffit de quelques grains du sel de la foi pour donner une toute autre saveur à la vie. Si nous sommes réellement le sel de la terre, alors salons tous ceux et celles qui croisent notre route. Faisons-leur découvrir que la foi au Dieu de Jésus Christ peut donner une toute autre saveur à la vie. Avec tous nos frères et sœurs en humanité, nous partageons un ensemble de valeurs communes. Qu’est-ce qui rend ces valeurs humaines également chrétiennes, sommes-nous en droit de nous demander ? La théologienne dominicaine Véronique Margron nous donne cette très belle définition : la valeur chrétienne est une valeur humaine en excès. Ce qui fait la spécificité de la valeur chrétienne est l’intensité que nous lui accordons. Elle a un goût d’excessif. Peu après dans l’évangile que nous venons d’entendre, toujours au chapitre 5 de Matthieu, le Christ nous dit : « si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui ». C’est précisément cette excessivité, ce toujours plus, qui est demandé à tout croyant qui est représentée par le sel. Nous partageons un ensemble de valeurs communes mais lorsque nous salons ces dernières, elles nous offrent une toute nouvelle saveur. La vie devient ainsi plus relevée, plus savoureuse. Vivre sa vie relevée par la saveur du sel de la foi, nous la fait respirer avec un tout autre goût. Le sel de Dieu nous transforme, nous relève, nous élève pour qu’à notre tour, de par notre propre témoignage, nous donnions l’envie à d’autres de saler leur vie avec le sel de Dieu. Chaque fois que nous serons capables de réaliser cette prouesse culinaire et divine du sel de la terre, du sel de la foi, nous deviendrons alors la véritable « Lumière du monde ». Amen


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