Et s'est fait homme

Type de document: Commentaire du credo
Temps liturgique: Aucun
Année liturgique: A, B, C

Comme cela vient d'être dit : la naissance du Christ est une nouvelle création. Pour comprendre cette nouvelle création (dans la mesure où nous le pouvons, et qui est petite) penchons-nous sur l'ancienne. Au sixième jour de la création, Dieu avait dit : « faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance » (Gn 1,26). Il faut donc comprendre qu'en se faisant homme, Dieu ne devient pas tout à fait ce qu'il n'était pas. Nous connaissons aussi la suite du récit : Adam et Ève mangent la pomme et...c'est la chute. Le récit, bien entendu, n'est pas historique. Il veut nous dire quelque chose de ce qu'est l'homme et de qui est Dieu. Il ne faut pas y voir Dieu comme un justicier implacable, le Dieu de la Genèse est déjà le Dieu d'Amour de l'Évangile. Il n'y en a pas deux. Lorsqu'il exile l'homme du Paradis, quand il l'écarte de l'arbre de vie, c'est par amour. S'il avait goûté de son fruit, l'homme, tombé dans la faute, aurait vécu dans un état de séparation et de souffrance éternelles. Comme le dit un théologien orthodoxe : « Dieu a posé une limite au péché en permettant qu'il aboutisse à la mort ». Dieu avait sa propre réponse à la faute d'Adam : il s'est fait chair. Il s'est fait semblable à Adam. Il a pris sur lui la nature humaine pour ramener à la ressemblance parfaite avec lui celui qui l'avait perdue, pour le délivrer de la mort, pour nous délivrer de la mort. Il est en effet écrit : « par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort, et la mort a de la sorte atteint tous les hommes... mais il n'en va pas du don de la grâce comme de la faute ; car si par la faute d'un seul la multitude a subi la mort, à plus forte raison la grâce de Dieu, grâce accordée à un seul homme, Jésus Christ, s'est-elle répandue en abondance sur la multitude » (Romains 5,12-15). Dieu s'est fait semblable à nous pour nous rendre semblables à lui. « Le Verbe s'est fait chair » (Jean 1,14). Il devait être en tous points semblable à nous pour nous rendre la vie totalement. « Ainsi donc, puisque les enfants, les hommes, ont en commun le sang et la chair », une âme vivante et un corps, « lui aussi, pareillement, partagea la même condition afin de réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort et de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d'esclaves » (Hébreux 2,14-15). Il fallait que le Christ devînt chair de notre chair. S'il était demeuré Dieu, il n'aurait pu mourir pour nous affranchir de la mort. S'il n'avait été qu'homme, sa mort ne nous aurait servi à rien, sinon d'exemple. Pour nous sauver, il fallait qu'il fût à la fois parfaitement homme et parfaitement Dieu... Ca semble un peu fou, mais ce n'est pas incompatible. Dieu, on ne peut l'additionner à rien de ce qui existe ni le soustraire à quoi que ce soit... et il a décidé que nous deviendrions par grâce ce qu'il est de toute éternité, de nous recréer à sa ressemblance.

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